Hygroscope

Quel taux d'humidité dans une maison en hiver ? Tableau

40 à 60 % d'humidité en hiver selon l'Anses et l'ADEME. Tableau pièce par pièce, et le point de rosée à 19 °C pour savoir à quel taux vos murs condensent.

· mis à jour le 13 octobre 2026 · 11 min de lecture

Petit thermo-hygromètre numérique posé sur un rebord de fenêtre embuée un matin d'hiver, affichant 20°C et 68% d'humidité
Photo : Image générée par IA

Le taux d'humidité recommandé dans une maison en hiver est de 40 à 60 % d'humidité relative, selon l'Anses, l'ADEME et l'Assurance Maladie, dans des pièces chauffées entre 18 et 22 °C. Le haut de la plage suppose des murs et vitrages assez chauds : par grand froid, un simple vitrage condense bien avant 60 %.

Quel taux d'humidité dans une maison en hiver ?

Entre 40 et 60 % dans les pièces de vie chauffées, avec une tolérance ponctuelle jusqu'à 70 % en salle de bain après une douche. En dessous de 40 %, l'air devient trop sec et assèche les muqueuses ; au-dessus de 60 % en continu, la condensation sur les vitres et le risque de moisissure augmentent.

Trois sources publiques convergent sur cette plage. L'Anses, qui recommande de contrôler l'humidité des logements neufs dès le premier hiver, estime que le taux d'humidité relative serait acceptable entre 40 et 60 % sur une plage de températures de 18 à 22 °C (avis révisé en octobre 2016). L'ADEME recommande de veiller à un taux compris entre 40 et 60 % dans son guide sur la qualité de l'air chez soi (2025). L'Assurance Maladie donne le même taux idéal, avec 18 à 22 °C selon les pièces. Qualitel retient aussi 40 à 60 %, avec un chauffage autour de 19 °C dans les pièces à vivre.

L'hiver ne change pas la fourchette, il en réduit la marge. Ces textes supposent des parois à peu près à la température de la pièce, ce que le froid ne garantit pas : dès qu'il gèle, un vitrage ou un mur mal isolé passe sous le point de rosée de l'air et l'eau s'y dépose. Le calcul plus bas le montre : par 0 °C dehors et 19 °C dedans, un simple vitrage condense vers 39 % d'humidité, et la surface d'un mur non isolé atteint 80 % d'humidité vers 58 % dans la pièce. D'où un repère que nous avons calculé, sans le reprendre d'une institution : quand il gèle et que le logement est ancien ou mal isolé, visez 40 à 50 % plutôt que 60 %.

Quel taux d'humidité viser en hiver, pièce par pièce ?

Les plages ci-dessous sont celles du diagnostic humidité, avec la température de référence de chaque pièce ; chaque pièce renvoie à sa fiche. La dernière colonne donne le point de rosée quand la pièce est au haut de sa plage : toute surface plus froide que cette valeur condense.

PièceTempérature de référenceTaux à viserPoint de rosée au taux maximal
Chambre18 °C40 à 60 %10,1 °C
Chambre de bébé19 °C40 à 50 %8,3 °C
Salon et séjour20 °C40 à 60 %12,0 °C
Cuisine20 °C40 à 60 %12,0 °C
Bureau20 °C40 à 60 %12,0 °C
Studio et petit appartement19 °C40 à 60 %11,1 °C
Salle de bain21 °C45 à 70 %15,3 °C
Buanderie18 °C40 à 60 %10,1 °C
Sous-sol aménagé16 °C40 à 60 %8,2 °C
Cave12 °C50 à 65 %5,6 °C
Garage et atelier10 °C40 à 60 %2,6 °C

Une chambre chauffée à 18 °C et un salon à 20 °C visent la même plage, 40 à 60 %, parce que ce sont des pièces de vie occupées en continu. La chambre de bébé fait exception : 40 à 50 %, plage de l'Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA) pour une pièce à 18-20 °C. Une salle de bain sans fenêtre monte à 90 % pendant une douche et ce n'est pas un problème tant qu'elle redescend sous 60 % dans l'heure qui suit. Une cave, à l'inverse, se règle plutôt entre 50 et 65 % : elle est plus fraîche, elle stocke davantage qu'elle n'abrite des personnes, et viser 40 % y coûterait cher en énergie pour un bénéfice nul. Le comparatif du taux idéal par pièce détaille les plages retenues et pourquoi, chambre, cuisine, cave ou buanderie.

Pourquoi l'humidité relative monte en hiver

C'est le point le plus mal compris : l'air extérieur en hiver est objectivement plus sec que l'air d'été en quantité d'eau, mais l'humidité relative ressentie dans le logement grimpe quand même. À 5 °C et 85 % d'humidité relative, l'air extérieur ne contient que 5,8 grammes d'eau par m³. Ce même air, réchauffé à 20 °C par le chauffage sans apport d'eau supplémentaire, tomberait à environ 32 % d'humidité relative : il serait sec. Le problème vient d'ailleurs : la vapeur produite à l'intérieur (respiration, cuisine, douches, linge qui sèche : jusqu'à 10 à 15 litres par jour pour un foyer selon Qualitel) se retrouve piégée dans un volume d'air chauffé qui ne se renouvelle pas assez, et l'humidité relative locale grimpe en particulier sur les surfaces froides, mal isolées, où l'air se refroidit et se rapproche de la saturation. Le détail du calcul est dans aérer en hiver assèche-t-il l'air.

À quelle température de paroi la condensation apparaît-elle ?

Le point de rosée est la température à laquelle l'air de la pièce, refroidi, devient saturé en eau et se met à condenser : toute surface plus froide que ce seuil se couvre de buée ou d'eau (bas d'une fenêtre, angle de mur, tuyau). Il se calcule avec la formule de Magnus, dans la version de l'Organisation météorologique mondiale (guide WMO-No. 8, annexe 4.B) : on pose γ = ln(HR / 100) + 17,62 × T / (243,12 + T), puis point de rosée = 243,12 × γ / (17,62 - γ), avec T la température de la pièce en °C et HR son humidité relative en %. Le calculateur de point de rosée applique cette formule à vos propres mesures.

Prenons 19 °C, bas de la fourchette de 19 à 21 °C que le Haut Conseil de la santé publique conseille pour les pièces de vie. À 50 % d'humidité, le point de rosée est de 8,3 °C ; à 60 %, de 11,1 °C ; à 70 %, de 13,4 °C. Un mur à 12 °C reste sec à 60 % et condense à 70 %. À 20 °C et 70 %, le point de rosée est de 14,4 °C : toute surface plus froide que 14,4 °C dans la pièce se couvre de buée ou d'eau.

Température de la pièceHumidité relativePoint de rosée
18 °C50 %7,4 °C
18 °C65 %11,3 °C
18 °C80 %14,5 °C
19 °C50 %8,3 °C
19 °C60 %11,1 °C
19 °C70 %13,4 °C
20 °C50 %9,3 °C
20 °C65 %13,2 °C
20 °C80 %16,4 °C

Plus la pièce est chauffée et humide, plus le point de rosée se rapproche de la température ambiante, et plus il devient facile pour n'importe quelle surface froide de descendre en dessous. Le guide humidité et chauffage en pièce froide détaille le cas des pièces mal isolées où ce point est atteint en permanence.

Reste à savoir quelle température ont vos parois. Elle dépend de l'isolation et du froid dehors. La face intérieure d'une paroi se situe à Tsi = Ti - U × Rsi × (Ti - Te), relation de la norme ISO 6946 : Ti et Te sont les températures intérieure et extérieure, U le coefficient de transmission thermique de la paroi en W/m².K, et Rsi = 0,13 m².K/W la résistance superficielle intérieure d'une paroi verticale. En prenant pour U les ordres de grandeur du calculateur de point de rosée, voici ce que donne un matin à 0 °C dehors et 19 °C dedans :

Paroi (U en W/m².K)Température de la face intérieureCondensation versSurface à 80 % vers
Simple vitrage (5,8)4,7 °C39 %31 %
Double vitrage ancien (2,8)12,1 °C64 %51 %
Double vitrage récent (1,1)16,3 °C84 %67 %
Mur non isolé (2,0)14,1 °C73 %58 %
Mur isolé (0,35)18,1 °C95 %76 %

« Condensation vers » est l'humidité de la pièce au-delà de laquelle la paroi passe sous le point de rosée : l'eau s'y dépose. « Surface à 80 % vers » est plus précoce : c'est l'humidité de la pièce pour laquelle l'air, au contact de la paroi froide, atteint 80 % d'humidité relative. Ce seuil vient du critère de moisissure le plus simple décrit dans le rapport de l'Anses : 80 % à la surface d'un matériau pendant un mois, 89 % pendant une semaine, 100 % pendant un jour. Il n'attend donc pas que l'eau soit visible.

Dans une maison bien isolée, 60 % ne pose pas de problème, même par 0 °C dehors : le mur isolé et le double vitrage récent restent sous les seuils. Avec des fenêtres anciennes ou des murs non isolés, le haut de la plage devient un risque : le double vitrage ancien condense vers 64 %, et la surface d'un mur non isolé atteint 80 % d'humidité vers 58 % dans la pièce, donc en pleine plage « idéale ». Un simple vitrage condense vers 39 %, sous la plage recommandée : le taux d'humidité ne suffit plus à l'éviter, il faut traiter la fenêtre (survitrage, double vitrage) ou accepter un peu de buée.

Ces valeurs sont des ordres de grandeur, pas un diagnostic. Un angle de mur, un coffre de volet roulant ou le fond d'un placard sont plus froids que la partie courante : l'ADEME relève que les moisissures se développent principalement dans les pièces humides mal ventilées, sur les murs mal isolés ou au niveau des ponts thermiques, et l'Anses range la température de paroi parmi les paramètres « très importants ». Un thermomètre infrarouge pointé sur la paroi, comparé au point de rosée de votre pièce, remplace le modèle par une mesure. Quand une paroi condense, il n'existe que deux leviers : la réchauffer (isolation, survitrage, chauffage régulier) ou faire baisser le taux d'humidité.

Les seuils de risque à connaître

  • Sous 40 % : air sec, muqueuses et peau irritées. Le Haut Conseil de la santé publique relève qu'un logement surchauffé est un logement trop sec, ce qui peut assécher les muqueuses des voies respiratoires.
  • 40 à 60 % : plage jugée acceptable par l'Anses, retenue aussi par l'ADEME et l'Assurance Maladie pour les pièces de vie.
  • Vers 39 à 64 % selon la paroi : condensation probable sur un simple vitrage ou un double vitrage ancien quand il gèle dehors (calcul ci-dessus).
  • Au-delà de 60 % en continu : un air trop humide favorise la prolifération des moisissures et des acariens, relève l'ADEME. Qualitel classe 60 à 70 % en « humidité à surveiller ».
  • Au-delà de 70 % durablement : excès d'humidité, avec risque de moisissures et de condensation selon Qualitel.
  • 80 % à la surface d'un matériau pendant un mois : seuil du critère de moisissure le plus simple décrit par l'Anses (89 % pendant une semaine, 100 % pendant un jour).

Les seuils de 40, 60 et 70 % viennent des sources citées ; ceux de condensation sont calculés avec la formule de Magnus, à partir des hypothèses indiquées plus haut ; celui de moisissure en surface vient du rapport de l'Anses.

Comment mesurer correctement

Un hygromètre se place à hauteur d'homme (1 à 1,5 m), au milieu de la pièce ou sur un mur intérieur, jamais collé à une fenêtre, un radiateur ou une porte extérieure : ces emplacements faussent la mesure de plusieurs points dans un sens ou dans l'autre. Il faut aussi laisser l'appareil se stabiliser 15 à 30 minutes après un déplacement, le temps que le capteur s'équilibre avec l'air ambiant. Relevez le taux au moins une fois un matin de gel, quand les parois sont les plus froides : c'est là que le haut de la plage devient risqué. Sans appareil, les signes qui indiquent un taux déjà élevé sont la buée matinale sur les vitres, une odeur de renfermé, et du linge qui met plus de deux jours à sécher à l'intérieur. Le guide quel hygromètre choisir et où le poser détaille le placement, le diagnostic humidité calcule le taux probable à partir de ces symptômes et de la pièce concernée quand on n'a pas encore d'hygromètre, et le comparatif des meilleurs hygromètres aide à en choisir un fiable en dessous de 20 €.

Que faire selon le taux relevé ?

  • Sous 40 % sur plusieurs jours : ne pas surchauffer. Le Haut Conseil de la santé publique conseille 19 à 21 °C dans les pièces de vie. Le détail, et le moment où un humidificateur se justifie, est dans air trop sec en hiver.
  • 40 à 60 % : rien à corriger, tant que les vitres et les murs froids restent secs un matin de gel.
  • 60 à 70 % : ouvrir grand les fenêtres 5 à 10 minutes le matin et le soir, même en hiver, couvrir les casseroles, activer la hotte et faire sécher le linge dehors ou dans une pièce bien ventilée, comme le recommande l'ADEME. Aérer fait baisser le taux : l'air froid du dehors, une fois chauffé, est plus sec que celui de la pièce.
  • Plus de 70 %, buée qui revient chaque matin ou taches noires : l'ADEME y voit le signe d'une humidité mal évacuée et d'un renouvellement d'air insuffisant. Vérifier que les bouches de ventilation sont propres et dégagées, puis, si le taux ne baisse pas, dimensionner un déshumidificateur avec le diagnostic ou comparer les meilleurs déshumidificateurs. Une moisissure étendue, ou qui revient malgré tout, relève d'un diagnostiqueur.

En pratique

Poser un hygromètre à 15 € dans le salon et la chambre principale est la première étape, avant tout achat de déshumidificateur ou d'humidificateur : elle coûte peu et évite d'agir sur un problème qui n'existe pas. Si le taux dépasse 60 % en continu malgré une aération quotidienne, le diagnostic humidité chiffre la capacité d'appareil nécessaire pièce par pièce.

Pour choisir l'appareil

Questions fréquentes

Quel est le bon taux d'humidité dans une maison en hiver ?
Entre 40 et 60 % d'humidité relative dans les pièces de vie chauffées à 18-22 °C, selon l'Anses, l'ADEME et l'Assurance Maladie. Par grand froid, visez plutôt 40 à 50 % si les murs ou vitrages sont anciens : une paroi froide condense avant 60 %. En salle de bain, 70 % est toléré après la douche.
Pourquoi l'humidité est-elle plus élevée en hiver ?
Parce que l'air chauffé retient l'eau produite par la respiration, la cuisine et les douches sans qu'elle s'évacue autant que dehors, et parce que les surfaces froides (vitres, murs mal isolés) font remonter l'humidité relative locale même quand l'air extérieur est objectivement plus sec.
40 % d'humidité, c'est trop sec ou normal ?
C'est normal : 40 % est la limite basse de la plage recommandée, 40 à 60 % selon l'Anses. En dessous, durablement, l'air peut assécher les muqueuses. Le Haut Conseil de la santé publique conseille de chauffer les pièces de vie entre 19 et 21 °C, car un logement surchauffé est un logement trop sec.
À partir de quel taux d'humidité y a-t-il des moisissures ?
Qualitel parle d'excès d'humidité, avec risque de moisissures et de condensation, au-delà de 70 % durablement. Sur une surface, le critère simple décrit par l'Anses est de 80 % d'humidité relative pendant un mois, 89 % pendant une semaine, 100 % pendant un jour. Un pic ponctuel après une douche ne suffit pas.
Comment savoir si l'humidité de sa maison est trop élevée ?
Avec un hygromètre posé à hauteur d'homme, loin d'une fenêtre ou d'un radiateur, dans la pièce de vie principale. Les signes qui ne trompent pas sans appareil : buée persistante sur les vitres, odeur de renfermé, linge qui met plus de deux jours à sécher.
Faut-il un taux d'humidité différent pièce par pièce ?
Oui : une chambre ou un salon visent 40-60 %, une salle de bain tolère 70 % ponctuellement après une douche, une cave se règle plutôt entre 50 et 65 % parce qu'elle stocke plus qu'elle n'abrite. Le taux idéal dépend de l'usage, pas d'un chiffre universel.

Sources

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