Humidité en location : qui doit payer quoi
Condensation ou infiltration : la cause change tout. Le test à l'hygromètre pour trancher, la marche à suivre et ce que la loi met à la charge de qui.
· 3 min de lecture

Ça dépend de la cause, pas de qui a repéré le problème. Une humidité de condensation (buée, linge qui sèche à l'intérieur, pièce peu aérée) relève de l'entretien courant à la charge du locataire, décret 87-712 du 26 août 1987. Une humidité structurelle (infiltration, remontée capillaire, VMC en panne, isolation défaillante) relève de la décence du logement, décret 2002-120 du 30 janvier 2002, à la charge du bailleur.
Condensation ou structurel : la différence qui décide de tout
La condensation apparaît quand l'air intérieur, chargé de vapeur d'eau produite par la cuisine, la douche, la respiration ou le séchage du linge, rencontre une surface froide (vitre, angle de mur, coin de placard) et y dépose son eau. C'est un problème d'usage et de ventilation : il se résout en aérant et en chauffant, et sa correction fait partie de l'entretien courant que le décret 87-712 met à la charge du locataire.
L'humidité structurelle a une source extérieure au comportement des occupants : une façade qui laisse passer l'eau de pluie, un mur qui pompe l'humidité du sol par capillarité, une VMC qui ne tourne plus, ou une isolation absente qui crée des ponts thermiques permanents. Le logement doit alors être « protégé contre les infiltrations d'eau » et pourvu d'une ventilation qui fonctionne : c'est une condition de la décence au sens du décret 2002-120, donc à la charge du bailleur. La page moisissure détaille les signes qui orientent vers l'une ou l'autre cause, et la page condensation le mécanisme physique en détail.
Le test qui tranche : hygromètre et point de rosée
Un relevé d'humidité seul ne suffit pas à trancher, mais il donne le premier indice. Poser un hygromètre dans la pièce concernée pendant une semaine, en notant le taux matin et soir : un taux d'humidité qui reste dans la fourchette normale (40 à 60 %) alors qu'un mur ou un coin reste visiblement mouillé pointe vers une cause structurelle, puisque l'air ambiant n'explique pas l'eau présente sur la paroi. À l'inverse, un taux durablement élevé (au-dessus de 70 %) dans une pièce peu aérée, avec de la buée qui réapparaît chaque jour au même endroit, oriente vers un défaut d'usage.
Le diagnostic humidité permet de saisir ces relevés et la configuration du logement pour obtenir une première orientation, avant tout échange avec le bailleur. Il ne remplace pas un constat professionnel en cas de désaccord, mais il donne des éléments objectifs à joindre à un courrier.
La marche à suivre en cas de désaccord
Documenter avant d'écrire : relevés d'hygromètre datés sur une à deux semaines, photos datées des zones touchées, et si possible une facture ou un témoignage montrant que l'aération et le chauffage étaient assurés normalement. Envoyer ensuite une lettre recommandée avec accusé de réception au bailleur, décrivant les faits, la localisation, et demandant une intervention dans un délai précis.
Sans réponse ou en cas de désaccord persistant, deux recours gratuits existent avant tout tribunal : le service communal d'hygiène et de santé de la mairie ou l'agence régionale de santé (ARS) peuvent effectuer un constat, en particulier si le logement semble insalubre ; la commission départementale de conciliation peut être saisie pour tenter un accord avant toute procédure judiciaire. L'ADIL du département conseille gratuitement sur la qualification du problème et les démarches à engager. Hygroscope ne donne pas de conseil juridique individuel : pour une situation précise, l'ADIL reste l'interlocuteur.
Ce que le locataire peut faire tout de suite, sans attendre
En attendant une réponse ou une réparation, plusieurs gestes réduisent les dégâts sans préjuger de qui doit payer : aérer quotidiennement même en hiver, chauffer suffisamment les pièces concernées, éviter de faire sécher du linge sur un radiateur dans une pièce fermée, et surveiller les zones à risque avec un hygromètre. Un déshumidificateur d'appoint peut protéger des affaires ou limiter une moisissure en attendant des travaux, mais son achat reste à la charge du locataire sauf accord explicite avec le bailleur, même quand la cause de fond s'avère structurelle. Le guide déshumidificateur pour appartement aide à choisir un modèle adapté au volume concerné en attendant que le problème de fond soit traité.
En pratique
Retenir la distinction avant tout : condensation et usage courant relèvent du locataire, infiltration et défaut du bâti relèvent du bailleur. Un relevé d'humidité sur une semaine et des photos datées valent mieux qu'un échange oral, et l'ADIL du département reste le bon interlocuteur pour une situation individuelle.
Pour choisir l'appareil
Sélection
Déshumidificateur pour chambre
Le bruit en mode nuit : 40 dB(A) au plus, un compresseur standard fait 45 à 48 et empêche de dormir. Puis un hygrostat, pour qu'il s'arrête seul à 55 %.
Sélection
Déshumidificateur pour salle de bain
La vitesse de descente après une douche, donc un vrai compresseur de 10 à 12 L plutôt qu'un Peltier, et une minuterie pour le lancer une heure. Sans fenêtre, c'est l'appareil qui remplace l'aération.
Comparatif
Meilleur déshumidificateur : notre sélection
Un tableau par taille (10-12 L, 16-20 L, 25-30 L), le trio bon / notre choix / le plus complet en tête, et pour chaque appareil la capacité réelle à 20 °C, pas seulement le chiffre marketing.
Questions fréquentes
- Moisissure appartement : locataire ou propriétaire ?
- Cela dépend de la cause, pas de qui l'a constatée. Une moisissure de condensation (buée sur les vitres, taches qui suivent l'usage) relève de l'entretien courant du locataire, décret 87-712. Une moisissure liée à une infiltration, une remontée capillaire ou une VMC en panne relève de la décence du logement, décret 2002-120, à la charge du bailleur.
- Le propriétaire doit-il fournir un déshumidificateur ?
- Non, sauf accord contractuel spécifique. Aérer et chauffer le logement pour évacuer la vapeur d'eau produite par l'occupation relève de l'entretien courant du locataire. Un déshumidificateur acheté pour préserver ses affaires en attendant une réparation reste à sa charge, même quand la cause de fond est structurelle.
- Que faire si le propriétaire ne répond pas à un problème d'humidité ?
- Envoyer une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception décrivant les faits et fixant un délai. Sans réponse, saisir le service communal d'hygiène et de santé ou l'ARS pour un constat, puis la commission départementale de conciliation avant tout recours au tribunal. L'ADIL du département accompagne gratuitement chaque étape.
- Peut-on retenir son loyer à cause de l'humidité ?
- Non, retenir le loyer de sa propre initiative est risqué : c'est un manquement contractuel qui peut se retourner contre le locataire, même quand le problème est réel. La voie correcte passe par la mise en demeure, la conciliation, puis le juge, qui peut ordonner des travaux ou une réduction de loyer.
- Qui contacter en cas d'humidité dans un logement loué ?
- D'abord le bailleur, par écrit. En l'absence de réaction, le service communal d'hygiène et de santé de la mairie ou l'agence régionale de santé pour un constat d'insalubrité, et l'ADIL du département pour un conseil juridique gratuit et neutre sur la suite à donner.
Sources
- Décret n°87-712 du 26 août 1987 relatif aux réparations locatives, Légifrance (1987)
- Décret n°2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent, Légifrance (2002)
- Le focus du mois : moisissures dans le logement, quelles responsabilités entre le bailleur et le locataire ?, ANIL / ADIL des Pyrénées-Orientales (2026)